La campagne enfin digérée, et le retour à une vie normale négocié, cela fait plusieurs jours, bientôt semaines, que je réfléchis à la transformation de ce blog. Refaire un header c’est une chose, restait à me lancer, à reprendre le clavier.

Actualité locale, vaudeville des pré-primaires du Parti Socialiste, énième annonce gouvernementale injuste et/ou stupide, finalement, je n’avais que l’embarras du choix. Mais je n’arrivais pas à me décider, rien ne me semblait assez significatif.

Jusqu’à hier.

Hier est sorti le webdocumentaire Rapporteur de crise, le Parlement européen face à la crise économique et sociale. Produit par France Télévisions en partenariat avec Libération, il retrace le parcours du fameux (probablement pas assez d’ailleurs) rapport de Pervenche Bérès, députée européenne socialiste.

J’ai environ un millier de raisons de vous encourager à regarder ce documentaire. Dans le désordre.

Je suis depuis l’été 2009 assistante parlementaire d’une autre députée européenne socialiste, Sylvie Guillaume. Ce boulot me passionne, et c’est de loin, dans ma petite carrière, le plus enrichissant que j’ai eu. Ceux qui me connaissent le savent, lancez-moi sur le sujet et je suis intarissable (je sais, c’est le cas sur de nombreux sujets, mais tout de même).

Le documentaire est incroyablement fidèle à ce que représente l’engagement d’un député européen,  les rapports de force complexes dans les institutions européennes, les mécanismes de négociations et de compromis,  et au final, la  fragilité presque poétique de la conclusion du vote. Une sorte de voyage embarqué, non seulement pédagogique (les parenthèses interactives et les éclairages sont très bien faits) mais très politique.

Accessoirement, sur un plan esthétique, c’est très bien filmé,  et j’y ai retrouvé le sorte d’émerveillement solennel que je ressens à chaque fois que je mets les pieds à Strasbourg ou à Bruxelles.

Vous n’en avez peut être jamais entendu parler, de ce rapport. Et c’est une autre excellente raison de se pencher sur le sujet.  De la crise économique et sociale consécutive à la crise financière mondiale de 2008, je ne vais pas vous refaire le film. Mais tout de même. De cet éclairage professionnel européen, j’ai acquis une conviction. Le combat politique fondamental du XXIème siècle, c’est le bras de fer, non plus entre l’argent et le politique, mais entre la finance et le politique. Quand est social démocrate, on croit à la régulation. Et non pas, comme c’est souvent caricaturé à notre gauche, à l’aménagement à la marge des méfaits du capitalisme. La régulation, ce n’est pas ça. Réguler, c’est contraindre. C’est forcer les spéculateurs (qui, eux, affament la Grèce) à stopper cette dérive inacceptable qui consiste à fabriquer ex nihilo des milliards de dollars sur le dos de l’économie réelle. L’économie réelle, ce sont les gens. Les salaires, la protection sociale, les prix du logement et des matières premières.

Comment? Par exemple, et je prends celui là parce qu’il est probablement le plus symbolique, en taxant les transactions financières. Réguler, et contraindre, ça passe notamment par jouer de la carotte et du bâton fiscal. Elle est là, la responsabilité publique. Visez un peu le « paragraphe 63″, dans le documentaire. Vous verrez de quoi je parle.

Même en vous épargnant les private jokes avec les collègues, je pourrai lister encore bien d’autres bonnes  raisons de le regarder, comme les réponses à l’enjeu de la dette (ayant eu récemment un certain nombre de débats enflammés sur la question, on y trouve des propos lumineux), mais plus largement, on y trouve des éclairages revigorants sur ce que c’est qu’être de gauche aujourd’hui.

Rien que ça, ça me paraît être une bonne raison, non?

A voir sur le site de Libération et celui de Curiosphere.tv

 

Be Sociable, Share!
en Europe

Un commentaire.

  1. romain blachier says:

    eh ben j’espère que tu vas tenir régulièrement ce blog! La blogo lyonnaise a besoin de variété!