Non, je n’ai pas voulu écrire à chaud. Sous le choc, et selon les heures, j’aurais pu écrire tout et son contraire. Une semaine après, il reste encore la colère. La colère contre cet immense gâchis, quelle que soit la vérité.
Mais malgré la grosse gueule de bois, il faut bien trouver à continuer. Ce n’est pas parce qu’on est brutalement stoppé dans notre élan que le monde s’arrête de tourner, que les convictions disparaissent, ou que l’envie s’évanouit. Il faut « juste » leur trouver un autre canal.
Et c’est désespérément simple. J’avais prévu, avant tout ce bazar, de parler un peu du projet socialiste. Parce que je le trouve bon. Il y a 10 jours, devant les militants du Rhône, j’en présentais la partie économique et fiscale. Jeudi dernier, il était largement voté par les militants. Samedi, il sera définitivement ratifié.
Malgré mon jeune âge, j’en ai avalé quelques uns, des textes d’orientation du parti. Des textes de congrès, des projets présidentiels, des conventions de ceci et de cela, dans cet art consommé de la synthèse qui souvent ne dit plus rien pour ne fâcher personne. Et on se console comme on peut, en disant « ouais, c’est pas mal, il y a des choses intéressantes, mais tu comprends, on ne pouvait pas dire ça ni ça, ni ça, ni ça d’ailleurs » On ne sait plus trop pourquoi, à part qu’on est tétanisés par le spectre de la division interne. Mais pas cette fois ci.
Je ne sais pas trop par quel miracle, d’ailleurs, car il y a beaucoup de propositions qu’on tient depuis longtemps, en cohérence avec ce qu’on dit depuis des années. Peut être qu’on l’assume mieux cette fois ci, après tout.
Pour une fois, en effet, on ne se cache plus derrière notre « surmoi », que ce soit sur les questions de sécurité, ou d’immigration. Il aura fallu que le sarkozysme aille tout de même très très loin pour qu’on arrive enfin à se débarrasser de nos hésitations et qu’on aborde ces enjeux assez tranquillement. Il ne s’agit pas d’être plus ou moins à gauche, à droite, sécuritaire ou pragmatique, il s’agit de dépassionner le débat. Et c’est le cas.
Sur les questions économiques, pareil. Il n’est plus question d’être plus ou moins de gauche, ni de courir après des marqueurs qui n’intéressent que nous-mêmes. « Remettre la finance au service de l’économie réelle », ça n’appartient pas plus à tel qu’à tel socialiste. C’est notre combat commun. Pour moi, j’en ai déjà parlé, c’est même le principal. Alors la taxation du capital, la modulation de l’impôt sur les sociétés selon l’orientation des bénéfices, la pénalisation des licenciements boursiers, ou la taxation des transactions financières, oui, je crois que ce sont de bons outils.
Mon candidat est sorti du jeu, de la manière la plus sordide qui soit. Mon Parti est toujours là, et résiste à l’onde de choc. On peut continuer.


Merci! Et courage. Meilleur texte que j’ai pu lire de quelqu’un appartenant à ton courant
Merci John! à bientôt
Eh ben on est tous dans notre période billets rétrospectifs.
Normal.
http://minu.me/4jd9
ton candidat c’est le projet alors… ;-)
moi aussi j’ai connu cela…
nul doute que nous nous retrouverons sur d’autres points d’accord…
Trés bon texte, Cécile, qui décrit bien l’état d’esprit de nombre d’entre nous : Après le coup de massue du 15 mai ; repartir, défendre ses convictions pour préparer les échéances de 2012, tous ensemble !
@romain: toi tu règles tes comptes, c’est un peu différent ;-)
@jul: j’étais sûre que qqn de chez vous dirait un truc pareil :-)
plus sérieusement, je reconnais dans le projet ce qui fait que je suis (étais?) strauss kahnienne. c’est rassurant, ça me permet de continuer à peu près sereinement…
@jean noel: merci!
Non je ne régle pas mes comptes. Je raconte le vécu militant. Je suis plus précis.
Vous devriez prendre la place de Martine, vous êtes beaucoup plus jolie.